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BENMOHAMED, GRAND POÈTE KABYLE

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BENMOHAMED, GRAND POÈTE KABYLE

"YEMMA" UN POÈME DÉDIÉ À TOUTES NOS MÈRES DE BENMOHAMED

Le 08/09/2011

 

Yemma,

Lligh ttmerzagh d gma
Mi rzzan fellam l'harma
...Tasa tegzem
Amnar Yezzem
Yekker Yizem
Yenna : Yemma, Yemma !

Yemma,

Lligh tturaregh tiddas
Asmi dam-d-arzzan tilas
Yezri wurar
Yefsi wemrar
Yendeh wedrar
Yenna : Yemma, Yemma !

Yemma,

Kweblegh di tsuret itezmen
Asmi dam-summen idammen
Tamazzagt teččur
Ayeddid yeqqur
Amunan itur
Yenna : Yemma, Yemma!

Yemma,

Ksigh di tezgi ifersen
Asmi dam-cudden ifassen
Bdant tmira
Imi iberra
Tekmec ldjedra
Tenna : Yemma, Yemma !

Yemma,

Lligh aqerru-w di lqa
Asmi m-fkan abeqqa
Ssigh ghef wehdhun
Ttbih-iw d aldun
Lqern n leqrun
Yenna : Yemma, Yemma !

Yemma,

Lligh aqerru-w deg genni
Mi kem-gezren d ttirni
T3edda tcallawt
Tasa tasellawt
Ta3ya di tmellawt
Tenna : Yemma, Yemma!

Yemma,

Ula d nekkini
Akk am kemmini
Ghunzagh taguni
Awal ineqqen
Ass-a t-id-nini!

Ben Mohamed



 

 

BIOGRAPHIE DE BENMOHAMED "BEN"

Le 08/09/2011

Ben Hamadouche Mohamed alias Ben Mohamed puis Ben pour les amis, est né au village de Tikidout dans la commune d’Ouacifs, le 10 mars 1944. Poète, animateur de radio, parolier… trois tranches de talents rassemblées pour asseoir une provoc incisive dans sa vocation intrinsèque. Qui l’eut prédit, alors qu’il manipule les chiffres en comptable d’expérience, de sa fonction raide de financier !


Dès l’âge de 4 ans, Ben quitte son fief natal pour s’installer à la Casbah d’Alger jusqu’à l’âge de 14 ans, faisant, après, selon son expression, des va-et-vient entre Alger et Ouacifs sous la férule du père en métropole et les câlins de la mère au village. Ainsi partagé, il lui en résulta un brassage de connaissances et de culture, quand on sait le vivier des artistes que fut la Casbah mythique. Enfant à esprit d’adulte, c’est aux côtés des grandes personnes qu’il aimait passer son temps différemment des autres bambins pour qui turbulences et chapardages étaient le hobby.


Et c’est chez M. Albertini qu’il découvrit la langue de Voltaire, puis M. Loumi, pour l’arabe, à l’école publique de Bouabderrahmane. Cette période, de son aveu, fut déterminante pour son parcours de poète. La sérénité, la sagesse des vieux, l’atmosphère empreinte de proverbes, maximes, poésie et bonnes paroles ont fini de façonner l’enfant lui imprimant la bonne conduite, le respect de l’autre et de soi-même.


Dès 1958, ses parents s’installèrent définitivement à Alger. Son père possédait une boutique à la place de Chartres. Cette date l’a marqué, car c’était l’année du déchirement. Alors qu’il n’était qu’enfant, il quitta son village natal, pan essentiel de son enfance, alors qu’il venait d’interrompre sa scolarité en1956 à cause de la grève générale décrétée par le FLN.
Ciseleur du verbe, de ces paroles justes et pointilleuses pétries dans le vrai et l’authenticité, Ben est l’auteur modeste, entre autres, de la magnifique chanson interprétée par Idir, "A vava inouva " comme il a fait la gloire des dizaines d’autres chanteurs tels que Matoub Lounès, Nouara, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid… La poésie, avouait-il, était sa thérapie.
Avec toute cette popularité qu’on lui doit, la renommée de ses poèmes, notamment Yema, jeddi, Vava inouva, Ben n’a pas été édité. Seuls huit de ses textes ont été publiés dans la revue « Itinéraire et contact des cultures » de l’université de Paris 13, ainsi que quelques vers dans « Anthologie de la poésie kabyle de Youcef Nacib, sinon, rien de lui ne se trouve dans les librairies.


Comme dernier travail, Ben Mohamed a traduit en kabyle « Babor ghraq », le chef- d’œuvre théâtral de l’écrivain-dramaturge Slimane Benaïssa. Avec son comparse de toujours, Lounis Ait Menguellet et Slimane Benaïssa lui-même, ils formèrent un trio l’espace d’un gala inoubliable pour y interpréter, en chanson, en poésie et en lecture « Jeddi » célèbre triade tirée de cette immense pièce théâtrale. En projet qui lui tient à cœur, il souhaiterait graver en CD ce spectacle et le rendre disponible au public.

Par : Nawel Ben

 

WISSEN DE BENMOHAMED "BEN"

Le 08/09/2011

 

WISSEN

Ma yella nettu idelli
Ma  di tesga n t-tekka
Ma yella i lmerta nevli
Ma nemma lmektub akka
Wissen itij ma-d yalI

 

Ma yella wul dayen immut
Ma d afud neggat yerka
Ma temses tezga di lqut
Ma tasa i wegdi i-t nefka
Wissen d urbaa ma neddut
Wissen ma-d vili uzekka

Ma yella imettawen flen
Ma nextar ala sekkaa
Ma yella laayut m-mlen
Ma yaareq wans'i-d nekka
Wissen ma-d llin-t wallen
Wissen ma-d yilli uzekka

 

Ma yella nettemxallaf
Ma nebbuved ar t-tfuh takka
Ma yella rray yennetlaf
Ma menwala yaakka
Wissen ma yegm uxalaf
Wissen ma-d yili uzekka

 

Benhamadouche Mohamed dit Benmohamed. Poète, producteur d’émissions radiophoniques

Le 08/09/2011

 
Écrit par Hamid Tahri   
Vendredi, 15 Avril 2011 01:46

Les subtilités d’un homme à fables

-- image --L’art de la poésie à l’homme est nécessaire
Qui n’aime point les vers a l’esprit sec et lourd
Je ne veux point chanter aux oreilles d’un sourd
Les vers sont en effet la musique de l’âme

Voltaire

C’est un homme courtois, à fables et affable. Il incarne une résistance intellectuelle politique et artistique peu commune. Au lieu de suivre le cours du long fleuve tranquille comme il aurait été de bon ton, il a choisi de voguer à contre-courant quoi qu’il en coûte.
Aussi lisse et discret que la plupart de ses amis sont volubiles et flamboyants, il n’est connu que par son pseudo, Benmohamed. L’œil vif, le visage avenant et la barbe blanche, à l’état civil, c’est Benhamadouche Mohamed, né le 10 mars 1944 à Ath Ouacif, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Poète, il a eu un parcours atypique qui vaut le détour. «C’est un autodidacte qui s’est construit tout seul en nous livrant un florilège de poèmes, tout aussi captivants les uns que les autres», confie son vieil ami, Abderrahmane Lounas. Il est vrai qu’on ne peut trouver de poésie nulle part quand on n’en porte pas en soi. Et Ben, qui se présente moins en inventeur qu’en éclaireur, est de ceux qui nous ont appris que la poésie est une éternelle jeunesse qui ranime le goût de vivre jusque dans le désespoir.

De son enfance en Kabylie, il nous parle, l’émotion à fleur de peau : «J’ai entamé mes études, dans le primaire dans mon village, que j’ai dû interrompre, car l’école a été brûlée. Mon père, Mohamed Saïd, qui excerçait à Alger, m’y a emmené pour poursuivre ma scolarité à l’école de la rue du Divan dans la Basse Casbah. Pendant la grève des 8 jours, les militaires venaient chercher les enfants, mon père a eu peur. C’est comme ça que je suis retourné au bled, déclaré zone interdite. On ne pouvait sortir dehors. Je lisais tout ce qui me tombait entre les mains, les revues, les journaux, les bandes dessinées. Et lorsque je n’en disposais pas, cela me restait comme une immense frustration.» Jusqu’en 1958, Ben vivait entre le village natal et Alger où son père travaillait. C’est à cette date que sa famille s’installe dans la capitale et il aide son père qui tenait un petit commerce à la place de Chartres. «Aussi loin que je me souvienne, je ne pensais pas qu’il n’y avait pas d’autre langue que le kabyle. Je garde toutefois des souvenirs vivaces de l’ instit, Albertini, un militant communiste, du directeur de l’école Rachid Aïnouz, et d’une manière générale de la Kabylie de mon enfance», celle qui reflète l’image idyllique d’une société organisée dans la solidarité des réseaux ancestraux où dominait la sagesse et où les maîtres du sens exerçaient encore leur art du mot juste et de la parole ciselée.

L’influence de la mère

Cette image finira par se matérialiser un beau soir printanier de 1952 où Ben, à peine âgé de 8 ans, assistait avec beaucoup d’émotion au récital donné par Slimane Azem dans un café à Ath Ouacif. Et, cerise sur le gâteau, son père lui avait acheté un petit fasicule comportant les textes du chanteur. Azem était une légende. C’était l’ange berger… «Le fascicule m’aidait sur deux plans : mémoriser et apprécier les chansons et m’imprégner des caractères latins. Quand je suis retourné à Alger, j’ai caché ce fascicule en l’enfouissant sous terre. Mais un jour, quand j’y suis retourné, je ne l’ai pas retrouvé. J’avais perdu mon trésor et c’était pour moi une profonde blessure.»
Son premier contact avec la chanson ? Disons que les rythmes l’ont toujours accompagné par le biais de sa mère qui fredonnait des airs mélodieux transmis de génération en génération. «Je savais pas ce qu’elle voulait dire», remarque-t-il. Mais c’est une dame presque incidemment qui ravivera son goût pour le chant. Cette dame, refugiée dans son village après les bombardements massifs opérés sur la Kabylie, chantait les affres de la guerre avec une voix merveilleuse presque divine. «J’étais constamment collé à ses jupons pour l’écouter.» A Alger, où la famille s’était installée, Ben aidera son père dans son commerce de bonneterie confection à la place de Chartres…

«J’ai eu la chance d’avoir comme voisin un disquaire du nom de Hamma. J’allais chez lui pour écouter des chansons en ayant le privilège de côtoyer des artistes qui passaient souvent par-là. Comme je ne maîtrisais par l’arabe, certaines chansons me plaisaient, mais je n’en comprenais pas le sens. J’ai su qu’elles ne reflétaient en rien la réalité dure et amère que nous vivions. Cette contradiction m’a amené à composer des textes que je collais aux musiques qui m’enchantaient. Ces textes, évidemment, étaient d’une brûlante actualité. Puis il y avait un bouquiniste, un ancien prof retraité qui avait beaucoup de relations et qui connaissait fort bien Momo. Il me prêtait des bouquins. C’est lui qui m’a initié à l’écriture. Il a éveillé en moi l’esprit critique. Enfin un commerçant du coin, militant du FLN, m’a permis d’être politisé précocement en m’expliquant la situation peu enviable que traversait le pays. Il me donnait El Moudjahid clandestin à lire. J’avais déjà des atouts en ma possession. Le commerce avec mon père ne me plaisait pas, et sincèrement, je ne me voyais pas faire carrière dans cette filière.» En 1961, cheikh Noureddine lui proposa de se faire enregistrer à la radio «Je n’ai pas eu le courage de me présenter aux studios, par peur de mes parents qui considéraient la chanson comme un déshonneur.» A l’indépendance, Ben est recruté comme agent de bureau par la préfecture d’Alger, où un collègue lui suggère de suivre des cours du soir au Télemly. C’est ce qu’il fit de bonne, grâce de 1963 à 1969, sous la direction de Tahar Oussedik. Dans le comité de gestion de l’école, Ben est auditeur-trésorier. Il y effectue les cycles moyen et secondaire.
Après la préfecture, il avait l’opportunité de faire une formation administrative. «Je me suis orienté vers la comptabilité publique. Des chiffres et des lettres, en fin de compte, c’est la même rigueur», constate-t-il

Un artiste complet

Cela dit, je me suis toujours intéressé en parallèle à l’activité artistique tout en continuant à écrire. En 1966, il participe comme chanteur amateur à l’émission de Cherif Kheddam Les chanteurs de demain. Là, il s’entend à l’antenne. «J’ai compris que je n’avais rien à voir avec la chanson. Cela m’a permis au moins de connaître le milieu de la radio», se souvient-il. Saïd Hilmi animait une émission poétique Plumes à l’épreuve. Je lui ai envoyé les textes. Cela lui a plu. On a sympathisé et on m’a même proposé une émission, Heureux matin, mais j’avais peur que ça ne marche pas. Quand j’arrivais au studio, je me posais la question : «Comment faire pour ne parler qu’en kabyle ?» J’ai pensé à ma mère, comme si je m’adressais à elle. J’entrais par effraction dans des foyers. Il fallait avoir de la pudeur et du respect pour ne pas froisser les susceptibilités. Sa mère justement est restée un vecteur important de sa vie, jusqu’à lui consacrer un sublime poème d’une rare beauté, d’une émotion intense et qui fera date, Yemma écrit en février 1973. Dans ce poème épique, écrit Slimane Hachi, anthropologue et autre ami de l’artiste, l’enfant prend conscience de l’état de la mère, la terre et la langue, toutes trois confondues dans la situation qui leur est faite.

Déshonorées, bafouées, humiliées, dépecées, tout autant que spoliées. Peut-on rester muet et inerte devant tant d’affronts faits à la mère ? Non. Alors l’enfant prend l’engagement de ne plus jamais se taire et de dire les mots qui tuent «Awal ineqqen aos-at-id-nini…» La plupart des textes que j’ai écrits sont faits pour être chantés, la chanson et la poésie sont intimement rimées. Mais, par exemple, Yemma ne peut pas être chanté, d’ailleurs, je l’ai écrit pour ça pour qu’il ne puisse pas être chanté. C’est un cri ! Souvent,  j’essaie d’échapper aux contraintes de la rime, mais je suis conscient que ce n’est pas facile, parce que, sinon, les gens ne le prendraient pas pour un poème… Au plan de la symbolique, ce texte est aussi fort que Avava inouva ressuscité par Ben et chanté avec maestria par Idir. La chanson fut reprise dans plusieurs langues et eut, indéniablement, un succès universel…

Yemma, Avava Inouva

Mouloud Maâmeri, chez qui Ben suivait des cours de berbère à l’université d’Alger, salua cette création en y apposant sa griffe… «C’est en vain que dehors la neige habite la nuit»
«A l’université, j’ai ouvert les yeux sur d’autres horizons. A la radio, mes auditeurs avaient compris à travers mes messages qu’il y avait un nouveau langage, que je n’étais pas là pour le ‘‘cachet’’. Ce n’était pas du tout ma vocation. Mes émissions avaient connu un immense succès. J’y ai œuvré, toujours vêtu de ma tunique contestataire jusqu’en 1981. Cela ne m’a pas empêché de continuer mes activités artistiques en animant des spectacles et des récitals poétiques. Avec Lounis Aït Menguellet, par exemple, on se complétait.»

Son rapport à la radio ?

«La Radio m’a permis d’avoir un échange avec mon auditoire. La première émission Sbah el khir, je m’en rappelle très bien. C’était un premier jour de Ramadhan, il était huit heures du matin, les gens dormaient, j’avais l’impression que personne ne m’écoutait. J’avais un technicien arabophone en face qui se fichait éperdument de ce que je pouvais raconter. Je ne maîtrisais pas la technique. J’étais vraiment angoissé parce que je me disais que j’étais en train de parler dans le désert… alors vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur pour moi de recevoir la première lettre d’un auditeur…»

A côté de son activité radiophonique et de sa production poétique et littéraire, Ben s’est également impliqué à différents moments dans le débat et l’engagement militant. Il a, entre autres, participé à la rédaction de la partie culturelle de la «Contre charte nationale» produite en 1976 par un groupe d’étudiants de l’université d’Alger demandant, pour la première fois à Alger, la reconnaissance de la langue berbère.
Ben part en France en 1991 où il exerce dans la comptabilité publique. Son exil a été quelque peu forcé du fait de l’arabisation de la comptabilité à la fin des années quatre-vingt. Accessoirement,  Ben fait des montages poétiques avec Amar Sersour, et a obtenu deux fois le premier prix du Festival du film amazigh à Agadir et à Tizi Ouzou. Actuellement, il travaille sur un documentaire consacré à Kamel Hamadi, un autre grand monstre de la chanson et de la poésie kabyles…

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Parcours :

Ben Mohamed (Benhamadouche) est né le 10 mars 1944 à Ath Ouacif.  Jusqu’en 1958, il vit entre le village natal et Alger, où son père, Mohamed Saïd, tenait une table au marché de Chartres.  En 1956, il interrompt sa scolarité suite à la grève générale décrétée par le FLN. En 1963, il entame une carrière de fonctionnaire à la préfecture d’Alger.

Il suit des cours du soir qui lui permettront de décrocher un diplôme de comptable. Il exerce au ministère de l’Education nationale jusqu’à son départ en France en 1991.
Adolescent, il écrit des poèmes et des chansons, notamment des textes acquis au combat identitaire. Il se distinguera par un poème sublime, Yemma dédié à sa mère, puis  Avava Inouva au retentissement mondial.

Producteur radio, Ben a animé de nombreuses émissions à la RTA. Il a créé six pièces radiophoniques pour la Chaîne II et participé à l’adaptation en kabyle des pièces de théâtre de Kateb Yacine. Il a effectué un travail d’actualisation de textes anciens chantés par une kyrielle d’interprètes kabyles. Ben vit actuellement en France.

--El Watan--

 

 

BIOGRAPHIE DE BENMOHAMED "BEN"

Le 08/09/2011

Ben 

Ben Hamadouche Mohamed alias Ben Mohamed puis Ben pour les amis, est né au village de Tikidout dans la commune d’Ouacifs, le 10 mars 1944. Poète, animateur de radio, parolier… trois tranches de talents rassemblées pour asseoir une provoc incisive dans sa vocation intrinsèque. Qui l’eut prédit, alors qu’il manipule les chiffres en comptable d’expérience, de sa fonction  de financier.


Dès l’âge de 4 ans, Ben quitte son fief natal pour s’installer à la Casbah d’Alger jusqu’à l’âge de 14 ans, faisant, après, selon son expression, des va-et-vient entre Alger et Ouacifs sous la férule du père en métropole et les câlins de la mère au village. Ainsi partagé, il lui en résulta un brassage de connaissances et de culture, quand on sait le vivier des artistes que fut la Casbah mythique. Enfant à esprit d’adulte, c’est aux côtés des grandes personnes qu’il aimait passer son temps différemment des autres bambins pour qui turbulences et chapardages étaient le hobby.


Et c’est chez M. Albertini qu’il découvrit la langue de Voltaire, puis M. Loumi, pour l’arabe, à l’école publique de Bouabderrahmane. Cette période, de son aveu, fut déterminante pour son parcours de poète. La sérénité, la sagesse des vieux, l’atmosphère empreinte de proverbes, maximes, poésie et bonnes paroles ont fini de façonner l’enfant lui imprimant la bonne conduite, le respect de l’autre et de soi-même.


Dès 1958, ses parents s’installèrent définitivement à Alger. Son père possédait une boutique à la place de Chartres. Cette date l’a marqué, car c’était l’année du déchirement. Alors qu’il n’était qu’enfant, il quitta son village natal, pan essentiel de son enfance, alors qu’il venait d’interrompre sa scolarité en1956 à cause de la grève générale décrétée par le FLN.
Ciseleur du verbe, de ces paroles justes et pointilleuses pétries dans le vrai et l’authenticité, Ben est l’auteur modeste, entre autres, de la magnifique chanson interprétée par Idir, "A vava inouva " comme il a fait la gloire des dizaines d’autres chanteurs tels que Matoub Lounès, Nouara, Takfarinas, Djamel Allam, Medjahed Hamid… La poésie, avouait-il, était sa thérapie.


Avec toute cette popularité qu’on lui doit, la renommée de ses poèmes, notamment Yema, jeddi, Vava inouva, Ben n’a pas été édité.